Testament de Charlemagne.

Publié le par Blackyrose

  

Pour Shadow qui nous a quitté en cette St-Valentin 2007
à l'age de 10 ans
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Pour Tootsie qui nous a quittée à l'age de 18 ans.
 


Pour Charly qui lui est parti à l'age de 7 ans.


Et finallement Boule noire, qui elle aussi nous a quittée à l'age de 18 ans.



Ce texte s'adresse à tous les amoureux des animaux.
Spécialement à ceux qui ont perdu un ami fidèle
et à tous ceux qui un jour ou l'autre savent qu'ils
devront se séparer de leur ami à 4 pattes.
C'est également un texte plus que réconfortant si vous le 
lisez jusqu'à la fin.

À mon maître, à ma maîtresse :


Le fardeau de mes ans et de mes infirmités me pèse lourdement,
et je sais ma fin prochaine. C'est pourquoi moi, Charlemagne Monette,
(communément appelé Charlot par mes parents, amis et connaissances),
dépose en secret dans l'âme de mes deux grands amis,
mon maître et ma maîtresse, mon testament.

J'ai peu de biens matériels à léguer.
Les chiens sont plus sages que les hommes.
Ils n'attachent pas grand prix aux choses de la terre.
Je n'ai aucun bien précieux à transmettre, si ce n'est mon affection et ma fidélité.
Je les lègue à tous ceux qui m'ont aimé;
qui je le sais, me regretteront le plus, à Richard et Lison;
à Elisabeth et Marianne qui ont été si bons pour moi.
Peut-être ai-je tort de m'enorgueillir,
mais j'ai toujours été un chien extrêmement affectueux.

Je demande à Richard et Lison de toujours se souvenir de moi,
mais de ne pas me pleurer trop longtemps.
Au cours de mon existence,
j'ai essayé de les réconforter dans la peine
et de leur apporter un surcroît de joie dans le bonheur.
Il m'est pénible de penser que, même dans la mort,
 je pourrais leur causer du chagrin.
Je les prie de ne pas oublier qu'à leur tendresse
et à leur solicitude je dois d'avoir été le plus heureux des chiens.

Mais maintenant me voici devenu pratiquement aveugle,
sourd et j'ai de très gros problèmes de dentition m'empêchant de manger;
ainsi ma fierté a fait place à une humiliation qui me déroute.
Je sens que la vie me reproche d'avoir trop prolongé la fête.
Je dois faire mes adieux avant de devenir un poids insupportable
pour moi et pour ceux qui m'ont donné leur affection.
Il me sera douloureux de les quitter, mais pas de mourir.

Contrairement aux hommes les chiens ne redoutent pas la mort.
Que se passe-t-il après? Nul ne le sait.
En tout cas, je suis au moins sûr de trouver la paix
et un long repos pour mon vieux coeur las, ma vieille tête,
mes vieux membres ainsi qu'un sommeil éternel dans cette terre que j'ai tant aimée.
Il est un dernier voeu que je formule en toute sincérité.
J'ai entendu ma maîtresse, dire: "Quand Charlemagne mourra,
nous n'aurons jamais plus de chien.
Je l'aime tellement que je ne pourrai plus en aimer un autre." Maintenant pour l'amour de moi,
je lui demande de revenir sur sa décision.
Ce serait un bien piètre tribut à ma mémoire que de ne jamais plus avoir de chien.
Je voudrais tant garder le sentiment que, maintenant que j'ai fait partie de la famille,
il lui est désormais impossible de vivre sans la compagnie du meilleur ami de l'homme!
Je n'ai jamais été exclusif ni jaloux.
J'ai toujours soutenu que la plupart de mes congénères sont bons
(même ma co-locataire, une chatte... Mistou, à qui j'ai quelques fois
autorisé à partager  mon lit avec moi.
J'ai toléré son amitié dans un esprit de générosité et,
dans mes rares moments de sentimentalité,
je lui ai même rendu un peu la pareille).

Aussi je conseille à ma maîtresse de choisir
un autre chien à son goût pour me succéder.
Il pourra difficilement être aussi bien élevé,
aussi poli, aussi distingué et aussi beau que je fus dans ma jeunesse.
Mais, je suis sûr qu'il fera de son mieux
et aussi que ses défauts inévitables contribueront,
par contraste, à perpétuer mon souvenir.
Je lui lègue mon collier, ma laisse, mon lit, mon ensemble de Noël.

Un dernier mot à Lison, Richard, Elisabeth et Marianne.
Chaque fois que vous penserez à moi : dites-vous avec regret,
mais aussi avec bonheur,
en vous rappelant ma longue vie à vos côtés :
"Charlemagne était un être qui nous aimait et que nous aimions."
Si profond que soit mon sommeil,
je vous entendrai,
et tout le pouvoir de la mort n'empêchera pas
mon âme de chien d'agiter la queue avec reconnaissance.

 

Charlemagne Monette

Votre chien fidèle qui veillera toujours sur vous.


Adaptation française d'un texte écrit par le dramaturge américain Eugene O'Neil à la mort de son chien en 1940. Vous pouvez le trouver en librairie sous le titre "The Last Will and Testament of An Extremely Distinguished Dog".
 


Publié dans Parfois je pleure

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*kanelle* 12/02/2008 00:31

très beau texte, qui ne peut être compris que par ceux qui aiment les   bêtes !!!Souvent déçu par les hommes, jamais déçu par mon chien !!!!Bon courage à toi!!!  Biz'

zazimuth 11/02/2008 20:06

Je ne connaissais pas ce texte si émouvant (qui arrive à me faire pleurer devant l'ordinateur...). Je t'embrasse. Zazimuth

brigitte 11/02/2008 16:12

Ton texte est très beau et très émouvant !!!Je vous souhaite à tous beaucoup de courage.Toutes mes amitiésBrigitte

marie-line du mexique 11/02/2008 13:42

je,pleure et on a beau se dire "que c'est bête" et bien non !!!! je regarde josephine, victor et pépita dans le jardin et quel bonheur de les avoir ..........

joelle 11/02/2008 13:10

Zut,!! j'en pleure, quel souvenir, je revois Ohanna et India à des étapes différentes et me rappelle l'émotion et le chagrin que nous avons eu lors de leur départ.  Bizarrement, par moment j'ai encore l'impression d'entendre India, tourner, retourner et se poser à son coin préféré en poussant un long soupir de satisfaction, j'en ai des frissons. Perdre un ami à 4 pattes est un déchirement car il fait partie de la famille mais le laisser souffrir est indigne de nous. Bon courage pour ta décision et je suis de tout coeur avec toiBizzzz Joëlle